Dans un contexte où le cours de l’or grimpe et où les contrefaçons pullulent sur les marchés en ligne, savoir identifier un vrai lingot ou un bijou authentique devient une compétence précieuse. Que vous envisagiez d’acheter une bague vintage, de vendre un héritage familial ou simplement de vérifier la légitimité d’un objet trouvé dans un tiroir, cet article vous guide pas à pas à travers des méthodes accessibles, des pièges à éviter et les moments où l’expertise d’un professionnel s’impose.
Pourquoi est-il important de reconnaître l’or véritable ?
- Risques de contrefaçon : les imitations se multiplient, du simple plaqué à l’or feuilleté, souvent vendus à prix dérisoire mais présentés comme du 18 K ou du 24 K.
- Différence de valeur : un gramme d’or massif vaut plusieurs fois plus qu’un gramme d’alliage plaqué. Une mauvaise identification peut coûter des centaines d’euros.
- Importance lors de l’achat ou de la revente : que vous soyez collectionneur ou vendeur occasionnel, la certitude du métal évite les litiges et les regrets.
Les poinçons : premier indice pour reconnaître l’or

Types de poinçons (or 18K, 24K, 750, etc.)
En France, le poinçon officiel indique la teneur en or : 750 pour 18 K, 999 pour 24 K, 585 pour 14 K, etc. D’autres marques, comme le cercle de garantie ou le marquage du fabricant, complètent l’information.
Où les trouver sur un bijou
Les poinçons se nichent généralement à l’intérieur du cercle de la bague, sur le fermoir d’un collier ou au dos d’un pendentif. Sur les pièces anciennes, ils peuvent être gravés à la base du médaillon ou même à l’intérieur du sertissage.
Limites des poinçons (faux poinçons possibles)
Les faussaires reproduisent parfois les poinçons avec une précision trompeuse. Un poinçon usé, partiellement effacé ou placé de façon incohérente avec le style de l’objet peut signaler une fraude. Ainsi, le poinçon constitue un premier indice, mais il ne suffit pas à garantir l’authenticité.
Tests simples pour reconnaître l’or à la maison
Le test de l’aimant
Principe : l’or est diamagnétique, il ne réagit pas aux champs magnétiques. Un aimant puissant (néodyme) placé près du bijou ne doit pas l’attirer.
- Résultat positif : l’objet reste immobile → possible or.
- Résultat négatif : l’objet est attiré → métal ferromagnétique (ex. acier, fer, certains alliages).
Ce test élimine rapidement les pièces à base de fer, mais il ne différencie pas l’or massif du plaqué ou d’un alliage non magnétique (cuivre, argent).
Le test visuel et du poids
Couleur : l’or massif possède une teinte chaude et uniforme. Un éclat jaunâtre trop pâle ou verdâtre peut trahir un plaqué.
Usure : les pièces plaquées révèlent souvent le métal sous-jacent au niveau des zones de frottement (bague, maillon). Un léger gris ou une teinte rosée indique un substrat différent.
Densité : l’or a une densité de 19,3 g/cm³. En comparant le poids à un objet de même taille en acier (densité ≈ 7,8 g/cm³), on remarque une différence notable. Un petit test de flottation dans de l’eau peut donner une indication grossière : l’or coule rapidement.
Le test du son
Frappez doucement le bijou contre un objet métallique dur (comme une cuillère en argent). Un son clair, prolongé et légèrement « chantant » est caractéristique de l’or. Un bruit sourd ou métallique indique souvent un alliage.
Tests plus avancés pour vérifier l’or
Le test à l’acide
Des kits de test à l’acide (souvent vendus sous forme de gouttes de différents grades) permettent d’évaluer la pureté. Une petite goutte d’acide est appliquée sur une zone discrète du bijou ; la réaction (décoloration ou non) indique le carat.
- Précautions : porter des gants, travailler dans un endroit ventilé, ne pas appliquer l’acide sur des pièces précieuses sans l’avis d’un expert.
- Quand l’utiliser : sur des objets non gravés où le poinçon est absent ou douteux, ou pour confirmer un résultat de test visuel.
Le test chez un professionnel
- Bijoutier : il possède souvent un petit appareil de densité ou un testeur à rayons X de faible puissance.
- Expert en métaux précieux : il peut réaliser une analyse par spectrométrie de fluorescence X (XRF), qui identifie la composition chimique sans endommager le bijou.
- Appareils électroniques (XRF) : la méthode non destructive fournit un rapport détaillé (pourcentage d’or, d’argent, de cuivre, etc.).
Différence entre or massif, plaqué or et imitation
| Type | Définition | Avantages | Inconvénients | Valeur approximative (€/g) |
|---|---|---|---|---|
| Or massif | Métal pur ou allié (ex. 18 K = 75 % d’or) | Durabilité, valeur intrinsèque, reconnaissance universelle | Coût élevé, risque de rayures | ≈ 45‑55 € (selon le cours) |
| Plaqué or | Couche fine d’or (quelques microns) déposée sur un autre métal | Aspect doré à moindre prix, bonne tenue esthétique | Usure rapide, perte de la couche d’or, valeur négligeable | ≈ 0,5‑2 € |
| Imitation (or feuilleté, or doré) | Alliage non doré recouvert d’une finition couleur or | Très économique, souvent utilisé pour la mode | Aucun contenu d’or, se ternit rapidement, aucune valeur de revente | ≈ 0‑0,3 € |
Erreurs courantes à éviter lors de la vérification de l’or
- Se fier uniquement à l’apparence : la couleur peut être trompeuse, surtout avec des alliages dorés.
- Croire qu’un bijou ancien est forcément en or : de nombreux objets d’époque sont en argent doré ou en laiton.
- Utiliser des tests dangereux sans connaissances : l’acide, le feu ou les produits chimiques mal manipulés peuvent endommager irrémédiablement le bijou.
- Ignorer les signes d’usure du poinçon : un poinçon effacé ou mal positionné peut indiquer une falsification.
Quand faut-il faire appel à un professionnel ?
- Bijoux de valeur : pièces de collection, diamants sertis, ou objets ayant une histoire familiale.
- Héritage : avant de vendre ou de transmettre, une expertise garantit une évaluation juste.
- Revente importante : pour obtenir le meilleur prix, un certificat d’authenticité d’un laboratoire reconnu est souvent requis.
FAQ – Questions fréquentes
Comment savoir si un bijou est en or sans le casser ?
Commencez par examiner le poinçon, effectuez le test de l’aimant et écoutez le son produit en le frappant doucement. Si le résultat reste ambigu, utilisez une goutte d’acide sur une zone discrète ou confiez-le à un bijoutier équipé d’un appareil XRF.
Un bijou sans poinçon est-il forcément faux ?
Pas nécessairement. Certains bijoux anciens ou artisanaux n’étaient pas obligés de porter un poinçon. Dans ce cas, les tests physiques (densité, son, acide) et l’examen visuel deviennent primordiaux.
Le test de l’aimant est-il vraiment fiable ?
Il est fiable pour éliminer les métaux ferromagnétiques, mais il ne différencie pas l’or massif du plaqué ou d’un alliage non magnétique. Il doit être combiné avec d’autres méthodes.
Quelle est la différence entre or 18 carats et or 24 carats ?
L’or 24 K est pur à 99,9 % (ou 24 carats). L’or 18 K contient 75 % d’or pur et 25 % d’autres métaux (copper, argent, nickel) qui renforcent la dureté. Le 24 K est plus mou et rarement utilisé pour les bijoux quotidiens.
Le plaqué or a-t-il une valeur ?
Sa valeur réside surtout dans l’esthétique. Le métal sous-jacent (souvent du laiton ou du cuivre) a une valeur négligeable. Le plaqué peut être revendu à un prix très bas, voire récupéré pour le métal de base.
Peut-on reconnaître de l’or avec du vinaigre ou de l’eau ?
Le vinaigre (acide acétique) peut réagir avec certains métaux, mais il n’est pas assez puissant pour distinguer l’or du plaqué. L’eau, quant à elle, ne fournit aucune indication fiable.
Où faire tester de l’or gratuitement ?
Certains bijoutiers offrent un premier examen gratuit, surtout s’ils envisagent de vendre ou de réparer le bijou. Certaines associations de consommateurs proposent également des journées de dépistage sans frais.
Les méthodes les plus fiables à retenir
- Vérifier le poinçon et le comparer à la norme du pays.
- Réaliser le test de l’aimant pour exclure les métaux ferromagnétiques.
- Observer la couleur, l’usure et la densité (flottation ou comparaison de poids).
- Écouter le son produit par le bijou lorsqu’il est frappé.
- En cas de doute persistant, recourir à un test à l’acide sur une zone discrète ou à une analyse XRF chez un professionnel.
Gardez à l’esprit que chaque méthode possède ses limites : le test visuel peut être trompé, le test à l’acide nécessite une manipulation prudente, et le test de l’aimant ne fait que filtrer certains métaux. En combinant plusieurs approches, vous augmentez considérablement la certitude de votre diagnostic.
En définitive, la prudence reste votre meilleur allié. Si le bijou possède une valeur sentimentale ou financière élevée, confiez-le à un expert certifié. Ainsi, vous protégez votre patrimoine tout en évitant les mauvaises surprises.

